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La consommation d’alcool en France

Savez-vous que le français est le 8ème plus grand consommateur d’alcool pur dans l’Union Européenne ?
Et pourtant, tous les français ne sont pas égaux et chacun consomme ses produits à sa façon !

Selon une étude de l’I.N.S.E.E. n°1794 [1] et parue le 28/02/2020, chaque foyer français dépense en moyenne et par an 707 € en boissons alcoolisées. Cela représente 60% du budget alloué aux boissons, les 476 € ( 40%) restants étant alloués aux boissons sans alcool.
Chaque foyer étant composé d’au moins 2 personnes majeures, il convient donc de diviser [707/2=353,50 €] afin de trouver le budget annuel moyen de boissons alcoolisées par français.

Il s’agit là uniquement des boissons consommées à domicile et non pas des consommations extérieures comme dans les établissements de l’hôtellerie-restauration-café. Cela représente 2,9% du budget annuel de chaque ménage, contre 6,4% en 1960.


De la consommation des alcools


En parallèle, chaque français consomme en moyenne (contre consommation en 1960 [tendance]) :

  • 4,5 L de Champagne (1,1 L [ +3,4L]).
  • 5,3 L de spiritueux (5,8 L [ -0,5 L]).
  • 1,4 L de cidre (26,7 L [ -25,3 L]).
  • 18,9 L de vins de qualité supérieure (VdQS [2]) (12,5 L [ +6,4 L]).
  • 32,3 L de bières (38,9 L [ -6,6 L]).
  • 17,2 L de vins de consommation courante (VdCC [3]) (115,7 L [ -98,5 L]).

Tout alcool confondu : 79,6 L en 2018 contre 200,7 L en 1960 soit -121,1 L.
Si la consommation (toute consommation confondue) augmente en moyenne de 2% chaque année depuis les années 1970, la consommation des alcools a clairement chuté de 60,34% (-121L) soit une consommation en baisse de 1,04% (-2,09L) par an.

Chaque français a réduit sa consommation de vin de table et de pays de 100L par an et sa consommation de cidre de 25L.

Il serait certainement intéressant de mettre en lien la hausse des accises sur les produits et la baisse de la consommation des boissons alcoolisées afin de voir si l’augmentation des droits et taxes (parfois qualifiées de "taxes comportementales") a un réel impact sur les politiques de santé publique visées par les gouvernements successifs.
Voilà, de quoi rédiger un futur article !


Du budget des alcools

Sur les 353,50 € de budget moyen par personne, on peut diviser ce budget en :

  • Spiritueux : 98.82 € annuellement ; 7,6 bouteilles de 70cl ; soit 13,05€ la bouteille en moyenne ; 18,65€/L.
  • Champagne, cidre et apéritif : 73.32 € annuellement ; 7,9 bouteilles de 75cl ; soit 9,32€ la bouteille en moyenne ; 12,43€/L.
  • VdQS : 73.37 € annuellement ; 25,2 bouteilles de 75cl ; soit 2,91€ la bouteille en moyenne ; 3,88€/L.
  • VdCC : 32.01 € annuellement ; 22,9 bouteilles de 75cl ; soit 1,40€ la bouteille en moyenne ; 1,86€/L.
  • Bières : 75.98 € annuellement ; 43,1 bouteilles de 75cl ; soit 1,76€ la bouteille en moyenne ; 2,35€/L.

Inutile de préciser que sur le prix de chaque bouteille, il convient de retirer 20% de TVA et les accises afférentes à chaque produit afin de trouver le prix réel du vendeur.
La place de la TVA et des accises sur chaque produit fera d’ailleurs l’objet d’un prochain article !


De la consommation par âge


Cette même étude de l’I.N.S.E.E. nous apprend aussi qu’il y a une différence de consommation en fonction de l’âge. Le graphique ci-dessus indique les écarts de consommation par rapport à la moyenne nationale. C’est à dire que, par exemple, les jeunes de moins de 26 ans consomment 30% de moins de vins, cidre et champagne que la moyenne nationale, mais 10% de plus de spiritueux et 20% de plus de bières.

Avec un rapide calcul, on peut donc en déduire que : Consommation des jeunes de moins de 26 ans par an

  • 29,4 L de vins, cidres et champagnes au lieu de 42 L.
  • 5,83 L de spiritueux au lieu de 5,3 L.
  • 38,76 L de bières au lieu de 32,3 L.

On peut aussi en déduire que le consommateur moyen, et donc les plus importants, sont les personnes âgées de 46 à 65 ans.
Par ce tableau, on peut également en déduire que les jeunes de moins de 26 ans consomment moins de vins, cidres et champagnes. Toutefois, ils consomment plus de spiritueux et de bières que tout autre consommateur. Egalement, on voit que dès 46 ans, les français se désintéressent petit à petit des bières, puis des spiritueux, pour se tourner plus fortement vers les vins, cidres et champagnes.

Ce changement de consommation vers les vins, cidres et champagnes peut aussi s’expliquer par les revenus.


De la consommation par revenus


Tout d’abord, une précision sur les quintiles avec le revenu annuel et mensuel par quintile :

  • 1er quintile : 0 à 17 471€/an soit 0 à 1 456€/mois
  • 2e quintile : > 17 471€/an soit > 1 456€/mois
  • 3e quintile : > 25 391€/an soit > 2 116€/mois
  • 4e quintile : > 35 061€/an soit > 2 922€/mois
  • Dernier quintile : > 49 351€/an soit > 4 113€/mois

On peut observer que le 4ème quintile est le plus proche de la moyenne nationale de consommation des français. Comme le tableau précédent, il est à lire de telle manière, pour le dernier quintile : Que les personnes ayant un revenu supérieur à 4 113€/mois consomment en moyenne 7% de spiritueux et 5% de bières en moins mais consomment 12% de vins, cidres et champagnes en plus que la moyenne des français. Soit :

  • 47 L de vins, cidres et champagnes au lieu de 42 L.
  • 4,93 L de spiritueux au lieu de 5,3 L.
  • 30,7 L de bières au lieu de 32,3 L.

Ici, on voit que les 20% des français les plus riches consomment 12% de plus de vins, cidres et champagne que la moyenne nationale tandis que les 20% les plus pauvres consomment 7,5% plus de bières que la moyenne nationale.
Si on voit bien une baisse de la consommation de bière en fonction de la hausse des revenus, et une hausse de la consommation de vins, cidres et champagnes, en fonction de la hausse des revenus, la consommation des spiritueux est toute autre.
En effet, les consommateurs apprécient de plus en plus les spiritueux jusqu’au 3e quintile. Dès le 4e, la consommation décroît face à la hausse des revenus.

Il serait bon d’étudier le marché des alcools en partant de ce tableau. Peut-être pourrait-on expliquer ce phénomène par une offre très haut de gamme voire de luxe dans les vins et champagnes qui est moins importante dans le domaine des spiritueux. Ca n’est pas étonnant, d’ailleurs, que les spiritueux les plus vendus en France sont généralement les moins chers [4].

Une autre explication serait que les vins et champagnes sont mieux perçus que les spiritueux et illustrent mieux un signe de richesse.

Mon hypothèse est que les vins et champagnes se consomment plus facilement que les spiritueux. En effet, ces deux derniers peuvent se consommer dans de nombreuses occasions et en plus grande quantité. Dans un contexte de repas à thème accords mets/alcool, il sera plus rapide de consommer des bouteilles de vins et champagnes que des bouteilles de spiritueux. Egalement, le champagne, marque notoire de richesse, porte très certainement la catégorie. Et puis, il est plus sympathique de se faire mousser au champagne qu’à la vodka ! Peut-être devrait-on essayer avec du cognac ?!

Il est aussi intéressant de se pencher sur la consommation par territoire. On peut notamment y retrouver un lien certain entre revenus et territoires.


De la consommation par territoire


Les territoires correspondent aux Zones d’Etudes et d’Aménagement du Territoire (ZEAT) [5]
Comme les autres graphiques, celui-ci est à lire de la manière suivante : pour le Sud-Ouest, la consommation des spiritueux est en phase avec la moyenne nationale. La consommation de bières est 4% plus importante et celle de vins, cidres et champagne est de 4% inférieure à la moyenne nationale. Donc :

  • 40,3 L de vins, cidres et champagnes au lieu de 42 L.
  • 5,3 L de spiritueux au lieu de 5,3 L.
  • 34 L de bières au lieu de 32,3 L.

J’aimerais beaucoup avoir des détails sur ces statistiques là (si quelqu’un travaillant à l’I.N.S.E.E. passe par là, contactez moi !). Premièrement, on pourrait tout à fait expliquer la consommation par la tradition viticole ou brassicole de chaque région. Ainsi, l’Est, le Nord et les DOM sont de grands consommateurs de bière. On retrouve également le pourtour méditerranéen comme grand consommateur de vins, cidres et champagnes, tout comme les centre-est et l’est.

A contrario, les DOM et le Nord, qui n’ont pas de grande tradition viticole, semblent bouder les vins, cidres et champagne.
Enfin, en ce qui concerne la région parisienne, le graphique est assez proche du dernier quintile du graphique précédent. Cela s’explique notamment par l’embourgeoisement parisien et la place prépondérante des représentants du dernier quintile dans la région parisienne.

Notes

[2Il faut entendre par vins de qualité supérieure tous les vins d’appellation ou d’indication géographique.

[3Il faut entendre par vins de consommation courante tous les vins de table ou de pays non indiqués précédemment.

[5REGION PARISIENNE- Ile de France
BASSIN PARISIEN - Bourgogne, Centre, Champagne-Ardenne, Basse et Haute Normandie, Picardie
NORD- Nord Pas-de-Calais
EST- Alsace, Franche-Comté, Lorraine
OUEST- Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes
SUD-OUEST - Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées
CENTRE-EST- Auvergne, Rhône-Alpes
MEDITERRANEE- Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse
Source : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1910

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