05/10/2026

La crise du phylloxéra à Cognac : comment le vignoble charentais a survécu

Il est difficile, en contemplant aujourd'hui les rangées de vignes qui façonnent les paysages de Cognac et des Charentes, d'imaginer qu'elles ont un jour presque disparu.


Et pourtant, à la fin du XIXe siècle, le vignoble de Cognac traverse l'une des plus graves crises de son histoire.


Un insecte minuscule s'attaque aux vignes, détruit progressivement les récoltes et plonge toute une région dans une profonde crise agricole, économique et sociale.


Son nom : le phylloxéra.


Apparu dans les Charentes en 1868, le parasite progresse rapidement dans le vignoble. En quelques années, des milliers d'hectares sont touchés et la production de vin s'effondre.


Mais cette catastrophe va également provoquer une transformation profonde de la viticulture charentaise.


De l'arrivée du phylloxéra à la reconstruction des vignes, retour sur une période décisive de l'histoire du Cognac : celle d'un vignoble qui a failli disparaître avant de parvenir à renaître.


Qu'est-ce que le phylloxéra de la vigne ?


Le phylloxéra est un insecte parasite de la vigne dont l'apparition en Europe bouleverse profondément la viticulture au XIXe siècle.


Originaire d'Amérique du Nord, il est signalé en France dans les années 1860. Sa progression devient rapidement une menace pour les vignobles.


Le danger est d'autant plus redoutable qu'une partie essentielle de son action se déroule sous terre.


Le phylloxéra s'attaque aux racines. Les ceps perdent progressivement leur vigueur, les rendements diminuent et les vignes finissent par dépérir.


À cela s'ajoute une remarquable capacité de propagation.


Lorsque les symptômes deviennent clairement visibles dans une parcelle, le parasite peut déjà avoir commencé à gagner les vignobles voisins.


Dans les Charentes, où la vigne occupe alors une place essentielle dans l'économie locale, son arrivée va avoir des conséquences considérables.


1868 : le phylloxéra apparaît dans les Charentes


L'histoire de la crise du phylloxéra à Cognac commence véritablement en 1868.


Les premiers foyers charentais sont signalés dans le canton de Pons, notamment sur la commune du Montils.


Le parasite poursuit ensuite sa progression.


En 1870, il franchit la Charente et attaque les plantations de Chérac.


Puis le vignoble cognaçais est atteint.


En 1871, le phylloxéra gagne le secteur de Cognac par Merpins et Crouin. L'insecte s'attaque alors aux 280 000 hectares du vignoble charentais.


Dès lors, sa progression devient extrêmement difficile à contenir.


Le phylloxéra se propage dans le vignoble de Cognac


Entre 1868 et 1874, le phylloxéra gagne progressivement du terrain dans les Charentes. L'année 1874 marque la « grande invasion ».


Les viticulteurs assistent, souvent impuissants, au dépérissement de leurs parcelles.


En 1877, la sécheresse et la chaleur favorisent une nouvelle fois la progression de la maladie : huit des onze arrondissements des deux départements charentais connaissent alors des ravages significatifs. Celui de Saintes est le plus atteint, avec 7 600 hectares en 1877 et 8 300 en 1881, soit 20 % de l'étendue plantée.


Dès 1876, la moitié des plantations du canton de Pons est exclue de la production, contre 29 % dans celui de Burie et 15 % à Gémozac. En 1879, sur les 161 000 hectares de vigne de la Charente-Maritime, seuls 14 000 sont encore intacts et 29 000 sont en cours d'arrachage.


En moins d'une décennie, ce qui apparaissait comme une menace localisée s'est transformé en une véritable catastrophe pour le vignoble charentais.


Une production de vin qui s'effondre


La crise est d'autant plus brutale qu'elle intervient après une période de production particulièrement importante.


En 1875, la récolte charentaise atteint 14,1 millions d'hectolitres de vin.


Mais cette abondance est de courte durée.


Dès les années suivantes, la production commence à reculer. En 1877, la dernière récolte encore considérée comme abondante atteint environ 8,5 millions d'hectolitres. En 1879, la récolte tombe sous les 2 millions d'hectolitres, et les rendements moyens, qui atteignaient 30 à 45 hectolitres à l'hectare, ne sont plus que de 4 à 9.


Puis la situation continue de se détériorer.


Les vignes produisent moins, les rendements chutent et la matière première disponible pour la distillation se raréfie.


La crise du phylloxéra devient alors bien plus qu'un problème viticole : elle menace directement l'économie du Cognac.


Quand la crise de la vigne devient une crise du Cognac


À la fin du XIXe siècle, l'activité liée aux eaux-de-vie fait vivre tout un territoire.


Les viticulteurs sont évidemment les premiers touchés par la destruction des vignes, mais la crise atteint progressivement l'ensemble de la filière.


Distillateurs, négociants, tonneliers, ouvriers et transporteurs dépendent eux aussi de la prospérité du vignoble.


Lorsque les récoltes diminuent, les volumes disponibles pour la distillation se réduisent à leur tour.


Les stocks d'eaux-de-vie constitués au cours des années précédentes permettent pendant un temps d'amortir le choc. Le négoce, qui préfère d'ailleurs les eaux-de-vie des années antérieures, de bien meilleure qualité, puise dans ses réserves et les remet progressivement sur le marché afin de continuer à répondre à la demande. Les Anglais, qui avaient multiplié leurs réserves de Cognac par dix entre 1865 et 1880, parviennent eux aussi, un temps, à contenir la hausse des prix.


Mais les stocks ne peuvent évidemment pas remplacer durablement un vignoble en production. En 1886-1887, quand la pénurie se confirme, les cours s'envolent : l'eau-de-vie de Grande Champagne dépasse 750 francs l'hectolitre, contre 180 francs en 1879. Les eaux-de-vie d'avant le phylloxéra, que leur âge avancé rend exceptionnelles, prendront même une valeur considérable.


La crise du phylloxéra à Cognac devient ainsi une crise économique majeure.


Une catastrophe également humaine et sociale


Derrière les chiffres de production et les hectares de vignes détruits se cache une autre réalité : celle des familles qui vivent de la terre.


La disparition d'une partie des revenus viticoles bouleverse profondément les campagnes charentaises.


Certains propriétaires abandonnent leurs terres. Les investissements deviennent plus difficiles et l'exode rural s'accentue.


Plusieurs territoires connaissent alors une baisse importante de leur population.


Entre 1876 et 1891, le canton de Segonzac, au cœur de la Grande Champagne, perd ainsi 3 066 habitants, et celui de La Jarrie, sur le plateau de l'Aunis, 2 261.


Certaines communes viticoles sont particulièrement touchées : celles de la Champagne de Segonzac perdent de 20 à 30 % de leur population.


La crise transforme donc le paysage humain des Charentes autant que son paysage agricole.


Des terres viticoles abandonnées et une agriculture qui se transforme


La disparition progressive de la vigne libère également de nombreuses terres.


Certaines parcelles sont abandonnées tandis que d'autres changent de vocation.


Dans plusieurs secteurs, la crise favorise ainsi le développement d'autres cultures et de l'élevage.


Dans le même temps, la baisse de la valeur de certaines terres attire de nouveaux habitants. À Touzac, en Grande Champagne, la terre à vigne se négocie ainsi à 750 francs l'hectare au lieu de 6 000. Des populations venues notamment du Poitou et du Limousin s'installent dans les campagnes charentaises et reprennent certaines exploitations.


Le phylloxéra provoque donc une véritable recomposition du territoire.


L'ancien vignoble ne disparaît pas partout de la même manière, mais l'équilibre agricole qui existait avant la crise est profondément bouleversé.


Comment les viticulteurs ont-ils tenté de lutter contre le phylloxéra ?


Face à la progression du parasite, la priorité est évidemment de sauver les vignes.


Commence alors une longue période d'expérimentations. En 1874, le commerce de Cognac, sous la présidence d'Edouard Martell, fonde un Comité de Viticulture et finance l'ouverture d'une station viticole.


Les viticulteurs et les spécialistes testent différentes techniques pour tenter de contenir le phylloxéra.


Des traitements sont expérimentés dans les sols. Le sulfure de carbone, utilisé à partir de 1878, fait notamment partie des moyens employés dans certaines parcelles.


Mais ces méthodes présentent d'importantes limites.


Elles sont coûteuses, difficiles à appliquer à grande échelle et ne constituent pas une réponse suffisante pour reconstruire durablement les milliers d'hectares touchés.


Pendant près de deux décennies, la lutte contre le phylloxéra reste donc extrêmement difficile.


La solution viendra progressivement d'une autre voie.


Les vignes américaines, une piste décisive


Le paradoxe de la crise du phylloxéra est saisissant : l'Amérique du Nord, d'où vient le parasite, va également jouer un rôle essentiel dans la sauvegarde des vignobles européens.


Des expérimentations sont menées avec des vignes américaines, dont certaines présentent une meilleure résistance au phylloxéra.


Dans les Charentes, différents plants sont testés afin d'identifier ceux qui peuvent s'adapter aux caractéristiques des sols. Dès 1882-1883, la reconstitution avec des cépages américains et des porte-greffes commence avec le Riparia, le Rupestris et le Jacquez.


Ces recherches contribuent progressivement à l'émergence d'une nouvelle manière de cultiver la vigne.


Le principe consiste à utiliser un système racinaire capable de mieux résister au phylloxéra et à lui associer, par greffage, la partie aérienne de la vigne destinée à produire les raisins recherchés.


Les porte-greffes résistants au phylloxéra deviennent ainsi l'une des clés de la renaissance du vignoble.


Quels cépages replanter ? Le greffage change la donne


Sauver la vigne ne revient pas seulement à choisir un porte-greffe : il faut aussi décider quels cépages planter dessus, car ce sont eux qui donnent le vin destiné à la distillation. Les premiers essais montrent combien le choix des cépages est délicat. Plantés tels quels, les cépages américains résistent au phylloxéra, mais leurs rendements élevés et la mauvaise maturité de leurs raisins donnent des vins au goût étrange, décevants pour fabriquer des eaux-de-vie. Ces transferts de plants s'accompagnent aussi de nouvelles maladies, comme le mildiou et le black-rot.


Le greffage offre une issue : il permet de conserver les cépages français en les associant à un système racinaire américain. Reste un obstacle propre aux Charentes : la forte teneur en calcaire actif des sols provoque la chlorose de nombreux plants, ce qui oblige à chercher des porte-greffes adaptés aux sous-sols crayeux. Cette quête mobilise des chercheurs venus de toute la France : Millardet, à Bordeaux, multiplie les croisements entre 1880 et 1885, tandis que Pierre Viala est envoyé aux États-Unis. Il y découvre, près de Denison, au Texas, des terrains analogues à ceux des Charentes, peuplés de vignes sauvages capables de résister.


Cette période marque aussi un tournant dans l'encépagement. Longtemps majoritaire dans les Charentes, la Folle Blanche, fragile et sensible aux maladies, recule après la crise au profit de l'Ugni blanc, plus robuste. Selon le BNIC, l'Ugni blanc est aujourd'hui présent dans plus de 98 % des vignes de Cognac, tandis que la Folle Blanche représente moins de 1 % des vignes plantées.


Reconstruire le vignoble de Cognac


Trouver une solution ne suffit cependant pas.


Après des années de destruction, il faut désormais reconstituer le vignoble de Cognac.


La tâche est immense.


Il faut sélectionner les plants, développer les pépinières, produire les greffons, déterminer les porte-greffes les mieux adaptés aux différents terrains et surtout convaincre les viticulteurs de replanter. En 1888, Ravaz, ancien élève de Viala, est choisi pour reconstituer le vignoble charentais, et J.M. Guillon lui succède en 1897.


La reconstruction se fait progressivement.


Les acteurs du négoce participent eux aussi à cet effort de replantation.


Durant l'hiver 1897-1898, la maison James Hennessy distribue par exemple gratuitement 32 900 plants greffés dans différentes communes du canton de Segonzac afin d'aider à la reconstitution du vignoble. Dès 1898, des conférences organisées dans les cantons de l'arrondissement de Cognac donnent des renseignements sur le greffage, la taille, le traitement et la fumure de la vigne.


Ces initiatives témoignent de l'importance de l'enjeu.


Sans vigne, il ne peut y avoir de vin à distiller. Et sans vin à distiller, c'est toute l'économie du Cognac qui se trouve menacée.


Tous les terroirs n'ont pas réagi de la même façon


La reconstitution ne se fait pas partout au même rythme. Les sols argileux et humides, inondés l'hiver, freinent le développement du phylloxéra, tandis que les plateaux calcaires, mieux drainés, sont ravagés. Dans les Borderies, Hennessy à la Billarderie et Martell à Chanteloup expérimentent dès 1879 les cépages américains. Au sud de Cognac, en revanche, la Champagne crayeuse, victime de la chlorose, ne se reconstitue que tardivement, vers 1895, et les replantations y restent très localisées.


L'histoire du vignoble de Cognac s'écrit ainsi cru par cru.


1890-1910 : la renaissance du vignoble charentais


À partir des années 1890, la crise entre progressivement dans une nouvelle phase.


Après la destruction vient le temps de la reconstruction.


Les nouvelles plantations se multiplient et le vignoble commence peu à peu à reconquérir certains territoires abandonnés.


Cette renaissance prend néanmoins du temps.


Près de vingt années de lutte, d'expérimentations et de plantations sont nécessaires pour permettre l'émergence d'un nouveau vignoble.


Au début du XXe siècle, les surfaces viticoles sont de nouveau bien présentes dans une partie importante des Charentes. Elles restent toutefois limitées : entre 1880 et 1905, les surfaces plantées passent de 280 000 à 62 000 hectares, et l'effort de replantation se concentre sur le secteur central des Charentes.


Mais le vignoble qui renaît n'est plus exactement celui d'avant la catastrophe.


Les pratiques ont changé.


Le matériel végétal a évolué.


Le greffage a pris une importance nouvelle.


Et toute une génération de viticulteurs a dû apprendre à reconstruire autrement.


Les grandes dates de la crise du phylloxéra à Cognac



1868 : les premiers foyers apparaissent dans les Charentes

Le phylloxéra est signalé dans le canton de Pons, notamment sur la commune du Montils.

1870 : le parasite progresse vers la Charente

Les plantations de Chérac sont touchées.

1871 : le vignoble de Cognac est atteint

Le phylloxéra gagne le secteur cognaçais par Merpins et Crouin.

1874 : la grande invasion

La contagion s'étend à la Basse et à la Haute Saintonge. Le commerce de Cognac fonde un Comité de Viticulture.

1875 : une dernière récolte exceptionnelle

La récolte charentaise atteint 14,1 millions d'hectolitres.

1877 : les destructions deviennent considérables

La sécheresse et la chaleur favorisent la maladie : huit arrondissements sur onze sont durement touchés. Celui de Saintes compte 7 600 hectares atteints.

Années 1880 : les expérimentations se multiplient

Traitements, essais de plants et recherches de solutions mobilisent le vignoble. En 1888, Ravaz est choisi pour reconstituer le vignoble charentais.

À partir des années 1890 : la reconstitution commence

Le vignoble entre progressivement dans une phase de reconstruction.

1897-1898 : des milliers de plants sont distribués

32 900 plants greffés sont notamment distribués dans différentes communes du canton de Segonzac.

1906-1910 : le nouveau vignoble prend forme

La replantation redessine progressivement le paysage viticole charentais.


Pourquoi la crise du phylloxéra est-elle si importante dans l'histoire du Cognac ?


Parce qu'elle constitue bien plus qu'une parenthèse dramatique.


La crise marque une véritable rupture entre deux périodes de l'histoire du vignoble de Cognac.


Avant le phylloxéra, la viticulture charentaise repose sur un vignoble qui s'est développé pendant des générations.


Après le phylloxéra, il faut reconstruire.


Cette reconstruction entraîne de nouvelles pratiques viticoles, une évolution du matériel végétal et une transformation de certains territoires.


Elle rappelle également une réalité fondamentale : avant d'être une eau-de-vie, le Cognac est le fruit d'un vignoble. Une raison de plus de revenir à l'essentiel : comprendre ce qu'est le Cognac.


Sans raisin, pas de vin.


Sans vin, pas de distillation.


Et sans viticulteurs capables de préserver et de renouveler leurs vignes, toute la chaîne de production est fragilisée.


Le phylloxéra a-t-il disparu aujourd'hui ?


La grande crise phylloxérique appartient à l'histoire, mais le phylloxéra ne doit pas être considéré comme un simple ennemi disparu à la fin du XIXe siècle.


La réponse apportée à la crise a surtout consisté à transformer la manière de cultiver la vigne, notamment grâce à l'emploi de porte-greffes résistants.


C'est probablement l'un des héritages les plus fascinants de cette période : la catastrophe a été surmontée non pas en revenant au vignoble d'avant, mais en construisant un nouveau modèle viticole.


De la crise du phylloxéra à la renaissance du Cognac


À la fin du XIXe siècle, tout aurait pu s'arrêter.


Les vignes meurent.


Les récoltes s'effondrent.


Des terres sont abandonnées.


Des familles quittent les campagnes.


Et toute une économie construite autour de la vigne et des eaux-de-vie vacille.


Pourtant, le vignoble renaît.


Il faut expérimenter, greffer, replanter et attendre. Il faut aussi transmettre de nouvelles méthodes et reconstruire progressivement ce que le phylloxéra avait détruit.


Cette renaissance constitue aujourd'hui l'un des épisodes majeurs de l'histoire du Cognac.


Lorsque l'on contemple les vignes charentaises actuelles, leur apparente permanence peut faire oublier cette rupture.


Pourtant, derrière ces paysages se cache une histoire faite de prospérité, de catastrophe, d'adaptation et de transmission.


Celle d'un vignoble qui a failli disparaître avant de renaître sur de nouvelles racines.


FAQ : le phylloxéra et le vignoble de Cognac


Quand le phylloxéra est-il arrivé à Cognac ?


Les premiers foyers connus dans les Charentes apparaissent en 1868, dans le canton de Pons. Après avoir progressé vers Chérac, le phylloxéra atteint le vignoble cognaçais par Merpins et Crouin en 1871.


Quels dégâts le phylloxéra a-t-il provoqués dans les Charentes ?


Les dégâts deviennent rapidement considérables. En 1879, sur les 161 000 hectares de vigne de la Charente-Maritime, seuls 14 000 sont encore intacts et 29 000 sont en cours d'arrachage. Entre 1880 et 1905, les surfaces plantées dans les Charentes passent de 280 000 à 62 000 hectares.


Comment le phylloxéra détruit-il la vigne ?


Le phylloxéra est un insecte parasite qui s'attaque notamment au système racinaire de la vigne. Les ceps s'affaiblissent progressivement, leur production diminue et les pieds atteints peuvent finir par mourir.


Comment le vignoble de Cognac a-t-il été sauvé du phylloxéra ?


Après de nombreuses expérimentations, l'utilisation de vignes résistantes et le développement du greffage de cépages français sur des porte-greffes adaptés permettent progressivement de reconstruire le vignoble.


Quand le vignoble de Cognac a-t-il été replanté ?


La reconstitution prend véritablement de l'ampleur à partir des années 1890 et se poursuit au début du XXe siècle. Il faut plusieurs décennies pour passer de la destruction du vignoble à sa reconstruction.


Le phylloxéra a-t-il seulement touché les viticulteurs ?


Non. La destruction du vignoble a eu des conséquences économiques et sociales beaucoup plus larges. La baisse de la production touche toute l'économie liée aux eaux-de-vie et contribue également à l'exode rural et à la transformation de l'agriculture charentaise.


Pour aller plus loin



Sources et références


BERNARD, Gilles, Le Cognac dans la tourmente du phylloxéra : 1868-1910, Groupe de Recherches et d'Études Historiques de la Charente Saintongeaise (G.R.E.H.), Segonzac, décembre 2006. Gilles Bernard est docteur ès lettres en géographie et président du GREH.


L'étude s'appuie notamment sur les Archives de France, les archives départementales d'Angoulême, de Niort et de La Rochelle, les archives privées de maisons de négoce, les journaux et revues spécialisées de l'époque, et différentes publications historiques consacrées au Cognac, au phylloxéra et à l'agriculture charentaise.


Compléments sur les cépages :